La PS5 et la Xbox Series X se font rares depuis leur arrivée en fanfare en novembre dernier, et la situation ne semble pas prête à évoluer. Lisa Su, dirigeante d’AMD, l’a affirmé sans détour : les tensions d’approvisionnement vont persister jusqu’à la mi-2021. Microsoft, lucide, ne promet pas de miracle, même si la marque salue tout de même le lancement réussi de sa nouvelle console.

Jamais une sortie de console n’avait rencontré autant d’obstacles. Depuis novembre 2020, impossible ou presque de mettre la main sur une PS5 ou une Xbox Series X. Les rayons sont vides, les commandes s’envolent. La demande explose, portée par l’engouement des joueurs, mais aussi freinée par une crise sanitaire qui bouleverse toute la chaîne logistique. AMD, au cœur du dispositif, ne laisse guère espérer un retour à la normale immédiat.
Les deux consoles embarquent un processeur graphique signé AMD, les rendant dépendantes de la firme californienne. Mais AMD ne fournit pas que Sony et Microsoft : ses propres processeurs Ryzen 5000 et cartes graphiques RX 6000 sont aussi pris d’assaut. Lisa Su, la patronne d’AMD, a reconnu que la demande avait pulvérisé les prévisions, dès le lancement. Les stocks n’ont jamais suivi. Elle a douché les espoirs de ceux qui rêvent encore d’acquérir une console rapidement : la pénurie va s’étirer sur plusieurs mois, au moins jusqu’à l’été. La situation ne pourra s’améliorer qu’au fil du temps, à mesure qu’AMD augmentera ses capacités de production.
Microsoft garde les pieds sur terre
Chez Microsoft, même discours réaliste. Lors d’un point financier, Amy Hood, directrice financière, a souligné que la demande avait largement dépassé la production, aussi bien pour la Xbox Series X que la Series S. Elle prévient : la tension va durer, et les consoles resteront difficiles à trouver pendant encore un moment.
Pourtant, au sein du géant américain, on ne boude pas son plaisir. Le lancement est un record pour Microsoft : selon Satya Nadella, patron de la firme, jamais une Xbox ne s’était aussi bien vendue lors de son premier mois de commercialisation. Même si aucun chiffre officiel n’a filtré, les estimations de VGChartz évoquent deux millions d’unités écoulées côté Xbox (contre 3,74 millions pour la PS5).
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La stratégie de Microsoft s’appuie désormais sur le Game Pass, qui a séduit 18 millions d’abonnés. Un chiffre frappant, surtout si l’on considère que depuis la sortie de la console, peu d’exclusivités majeures sont venues enrichir la bibliothèque. Aujourd’hui, The Medium débarque sur le Game Pass : c’est le premier gros titre next-gen signé Xbox Game Studios.
Un lancement hors norme… mais frustrant
Ce lancement n’a rien d’ordinaire. D’un côté, les ventes atteignent des sommets, et les constructeurs s’en félicitent, tout comme AMD qui vient de réaliser l’année la plus lucrative de son histoire avec près de dix milliards de chiffre d’affaires. De l’autre, les joueurs s’impatientent, parfois à bout de nerfs.
La principale frustration ? Le manque de consoles disponibles. À chaque nouvelle mise en vente, c’est l’assaut : files d’attente virtuelles, sites saturés, et bien souvent, ce sont des robots et des revendeurs peu scrupuleux qui raflent la mise. Les joueurs, eux, doivent s’armer de patience, ou se résigner à attendre le prochain réassort.
Le bilan côté jeux n’est pas non plus à la hauteur des attentes. Sony a certes proposé une exclusivité forte avec Demon’s Souls au lancement, mais pour beaucoup, le catalogue reste maigre. Sur PS5, les gros titres exclusifs se comptent sur les doigts d’une main (Spider-Man et Sackboy sont aussi disponibles sur PS4), et la situation est similaire pour la Xbox Series X. Même les AAA des éditeurs tiers se font rares. Aucun blockbuster imminent à l’horizon, si ce n’est Resident Evil 8 Village.
Les débuts de cette génération ressemblent à une promesse suspendue. Deux consoles puissantes, désirées comme jamais, mais encore loin de transformer la scène vidéoludique. La suite ? Elle s’écrira peut-être lorsque les rayons cesseront d’être vides et que les grands jeux feront enfin leur apparition.


